3 Questions à : Benjamin Berton directeur adjoint en charge de l’action sanitaire et sociale et de l’autonomie

La direction de l’action sanitaire et sociale et de l’autonomie (DASSA) entend répondre aux besoins des personnes les plus fragiles dans le champ de l’action sanitaire et sociale et du handicap. Elle s’attache à innover pour proposer le meilleur accompagnement possible à ces assurés. Benjamin Berton évoque sa vision de l’accompagnement du handicap.

10 minutes : vous êtes en charge de l’action sanitaire et sociale et de l’autonomie à la Cramif. Comment percevez-vous l’accompagnement des personnes en perte d’autonomie et/ou en situation de handicap aujourd’hui ?

Benjamin Berton : les services de la DASSA, qu’il s’agisse du Service social ou d’Escavie (Espace conseil en milieu ordinaire de vie), mais aussi à travers les subventions que nous versons aux associations, sont présents dans le domaine depuis longtemps et sont des acteurs reconnus et compétents qui apportent leur expertise dans l’appréciation de situations globales de perte d’autonomie, liées ou non à l’avancée en âge. La thématique est complexe et les besoins sont évidemment immenses. Les acteurs sont nombreux : la CNAV (Caisse nationale d’assurance vieillesse) , la CNSA (Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie), les départements via les MDPH (maisons départementales des personnes handicapées) et les conférences des financeurs mais aussi les municipalités, ce qui rend la coordination compliquée et la lisibilité de ces politiques peu évidente pour les assurés. Le Service social accompagne les sorties d’hospitalisation, participe au PRADO (Parcours retour à domicile) et développe à travers le programme 2P3A (Plan proximité autonomie de l’avancée en âge) une action régionale en faveur des personnes âgées qui est très utile et s’attache à traiter de la « globalité » des situations. Escavie avec des moyens moindres mais d’une belle efficacité conseille les personnes elles-mêmes, leurs familles mais aussi tous les professionnels qui sont confrontés à ces questions. La Cramif est aujourd’hui un acteur de complément indispensable et qui fait preuve d’une vraie originalité d’approche et d’une expertise spécifique indéniable. Nous allons renforcer ces atouts et leurs complémentarités dans les années qui viennent.

10 minutes : les entreprises s’inscrivent de plus en plus dans une démarche d’employabilité des personnes en perte d’autonomie et/ou en situation de handicap. Quelles actions la Cramif met-elle en place dans ce cadre pour les accompagner ?

Benjamin Berton : la prévention de la désinsertion professionnelle figure parmi les 5 axes de travail prioritaires du service social. Le Service social est positionné à travers son action sur les personnes en arrêt de travail (de plus de 90 jours) ou au sein des cellules locales Assurance Maladie PDP (prévention de la désinsertion professionnelle), lorsque la maladie ou la survenance d’un accident de travail viennent fragiliser le statut de travailleur d’un assuré. Il s’agit pour nous d’éviter les décrochages, de faciliter les reprises du travail, ou, lorsque la maladie s’accompagne d’une incapacité à garder son emploi, de remobiliser la personne sur un autre projet. Le service social est souvent l’interlocuteur privilégié des assurés qui traversent cette situation à travers un accompagnement individuel, une action coordonnée en direction des médecins du travail et propose des actions collectives d’écoute et de mise en mouvement vers une démarche de retour à l’emploi. Le secteur prévention de la Cramif agit lui d’une façon différente autour de la relation à l’employeur et dans l’activation des dispositifs dédiés mis en place par les services interentreprises de santé au travail (SIST). Le nombre de personnes accompagnées sur ces problématiques est en croissance (20 % de l’activité du Service social régional). En Île-de-France, les directeurs de l’Assurance Maladie et le Service médical (autre acteur clé du processus) ont lancé fin 2017 une réflexion pour améliorer la performance de nos modèles de prise en charge et s’assurer que tous les moyens dont nous disposons sont activés au bon moment.

10 minutes : de nouveaux défis apparaissent dans l’accompagnement des personnes en situation de handicap et/ou en perte d’autonomie avec l’apparition de nouvelles technologies : intelligence artificielle, réalité virtuelle. Comment la Cramif entend s’inscrire dans ces innovations ?

Benjamin Berton : l’écosystème des aides techniques est effectivement en effervescence et est plus que bouleversé par les perspectives portées par les nouvelles technologies. Le développement de la robotique et des prothèses intelligentes en est une autre manifestation. Escavie a été à l’initiative d’un symposium sur ces sujets l’année dernière qui a rencontré un franc succès. Le futur technologique est riche en promesses pour les personnes en situation de perte d’autonomie mais se heurte, pour le moment, à une question d’accès à ces équipements qui restent chers et ne bénéficient que très à la marge de prises en charge. Les ergothérapeutes jouent leur rôle de conseil par rapport à certaines innovations et ont développé des initiatives intéressantes dans le domaine des déficiences visuelles et auditives notamment. Pour le reste, nous restons, avec nos moyens, en veille sur ces questions et allons, dans les années qui viennent, faire une place plus importante à ces nouveaux équipements dans notre espace d’exposition qui sera rénové. C’est en tout cas une évolution que nous suivons de très près mais à laquelle nous ne pourrons être partie prenante qu’à travers une action partenariale rénovée.

2 commentaires sur « 3 Questions à : Benjamin Berton directeur adjoint en charge de l’action sanitaire et sociale et de l’autonomie »

  1. La PDP est un axe prioritaire en effet. Le service social est un interlocuteur privilégié, voir un coordonnateur des actions envers les salariés malades; reconnues par les assurés mais également par les partenaires sociaux. Le travail d’accompagnement social, dans le cadre de la PDP nécessite du temps (temps de l’assuré, temps des acteurs professionnels, temps des réponses aux démarches administratives multiples) et un travail en profondeur.
    Cependant, monsieur BERTON, comment faire du travail de qualité et d’accompagnement social avec des moyens humains qui s’appauvrissent d’année en année, voire de mois en mois???

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    1. Bonjour,
      La CNAM a souhaité à travers le nouveau CPG et ses indicateurs mettre en avant la dimension qualitative du travail social. Cela signifie concrètement ne plus demander aux caisses d’accompagner chaque année des personnes en plus grand nombre, avec des moyens qui ont effectivement tendance à diminuer. Il n’y aura plus de « nombre d’assurés global » à recevoir mais des exigences portées notamment par le Référentiel National de Processus visant, d’une part, à nous recentrer sur les accompagnements de personnes en situation de fragilité autour de nos axes (PDP, accès aux soins, etc), d’autre part à proposer à ces personnes un accompagnement plus attentif encore, en privilégiant les accompagnements sur plusieurs rendez-vous et les interventions individuelles. L’axe PDP, car il est encore en développement, est quasiment le seul où nous aurons un objectif chiffré annuel, établi régionalement, qui vise à mesurer le bon déploiement de notre offre plus qu’à conduire à une course à la productivité. Sur les autres axes, les cibles quantitatives disparaissent ou sont transformées ce qui permettra une vraie sérénité dans la mise en place des accompagnements, et cela, en dépit de l’évolution générale des effectifs. A la CRAMIF, le taux de remplacement des assistantes sociales a été établi à 75% à compter de 2019 et pour la durée du CPG. Compte tenu des mouvements attendus, cela laisse les moyens d’agir et permet d’envisager, d’un point de vue strictement métier, l’évolution de manière assez favorable.
      Bonne journée,

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